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Calliope

Inscrit le: 17 Avr 2007 Messages: 1018 Localisation: France d'en bas
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Posté le: 16 Sep 2011 à 18:35 Sujet du message: |
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Oh oui, je me souviens que je n'ai jamais réussi à te parler de lui sans que tu t'enflammes !
Contente que tu aies trouvé la bonne personne pour te le faire découvrir ! _________________
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Stef'

Inscrit le: 12 Déc 2006 Messages: 1608 Localisation: Saturne
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Posté le: 29 Nov 2011 à 6:02 Sujet du message: |
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Allez deux très belles chansons, dont l'une répond à l'autre.
L'abattoir
Eteint par tant d'années en lambeaux de souvenirs
Qui flottent, triste drapeau au ciel de mon empire
Et qui sans toi n'est plus que cendres
Des connexions perdues laissées aux satellites
Qui s'en vont de mon cœur, les fréquences qui palpitent
Et des portables au lieu des lettres
Tu vois, je suis pas sûr que le progrès toujours
Fasse progresser l'Homme à part finir tout seul
Y a qu'à voir comment les gens se quittent
Mais ainsi va le monde et ainsi va la vie
Nous courons tous ensemble vers la fin qui nous lie
Que des troupeaux
Vers abattoir
Je t'en prie, finis-moi !
J'en peux plus d'en mourir
Je t'en prie, finis-moi !
J'ai perdu mon sourire
Puisqu'ici, non, plus rien, non, plus rien ne veut rien dire
Quelle prétention avions-nous, nous enfin, de nous dire
Que nous valions, oui, quelque chose ?
Dans la rue, c'est encore un autre bourré qui crie
Toute la bêtise humaine pendant que moi, je t'écris
Autant de bêtises que lui
Bientôt, les éboueurs viendront ramasser poubelles
Entre deux vide-ordures, je leur donnerai ce mot
Qui pouvait pas finir en de meilleures mains
L'amour est infidèle et nous tristes fidèles
A l'amour, nous brûlons et nous brûlons nos ailes
De tristes veaux
Vers l'abattoir
Je t'en prie, finis-moi !
J'en peux plus de ramper
Je deviens fou, tu sais
Là, comme un échoué
Oui, je sais, je suis glauque avec mes chansons tristes
Mais j'emmerde le monde et il me le rend bien
C'est un peu comme si nous étions quittes
Toi, l'autre que j'aimais, je te prie maintenant
De finir le travail que tu as commencé
Et, s'il te plaît, avec le sourire
Non, n'aie pas de remords de me donner la mort !
Tu sais, moi avant toi j'en ai piétiné des cœurs
Qui avaient vu en moi ce que j'avais cru voir en toi
Du bourreau au sauveur, de l'agneau au vampire
On est tous un jour l'un, un jour l'autre, c'est le jeu
Qui nous tue puis
Qui fait qu'on vibre
Je t'en prie écris-moi
Donne-moi des nouvelles
Quand je serai en bas
Envoie-les vers le ciel
Damien Saez http://www.youtube.com/watch?v=Cn0zg3dO6qM
Des nouvelles par les ondes
Trop de larmes aux paupières, pour justifier l’enfer
L’âme pure vit dans ton cris, que t’invoque que tu pries
Regarde bien loin dessous ton petit lit d’enfant
Vois tu s’accumuler La sueur et le sang ?
Allons voir, allons croire
Allons boire nos vingt ans ?
Allons courons ensemble vers cette fin qui nous lie
Toi qui auras tout dit, moi qui ne peux prétendre !
Allons voir, allons boire
Allons croire nos vingt ans ?
Allons courons ensemble vers cette fin qui nous lie
Sur leur linge sale, brandit
La mort pour seul Méandre
Je peux porter ta croix ? Je veux t’aider, assied toi
Goûte moi l’eau de la source, attention ! elle s’essouffle
Je me rend à la foudre, où nos putains sont des anges
On veut croire aux révoltes des dieux
Quand Satan se fait passer pour l’un d’eux
Allons voir, allons croire
Allons boire nos vingt ans ?
Allons courons ensemble vers cette fin qui nous lie
Toi qui auras tout dit, moi qui ne peux prétendre !
Allons voir, allons boire
Allons croire nos printemps ?
Allons courons ensemble vers cette fin qui nous lie
Sur leur linge sale, brandit
La mort pour seul Méandre
L’homme aura tout saigné, souillant jusqu’à son sein
Que nos dieux bénissaient, le bon lait récolté par les tiens
Je te donne des nouvelles, des nouvelles qui nous tuent, mon ami
Mon ami tu n’es plus dans la tombe, je t’envoie des nouvelles par les ondes
Allons voir, allons croire
Allons boire nos vingt ans ?
Allons courons ensemble vers cette fin qui nous lie
Toi qui auras tout dit, moi qui ne peux prétendre !
Allons voir, allons boire
Allons croire nos printemps ?
Allons courons ensemble vers cette fin qui nous lie
Sur leur linge sale, brandit
La mort pour seul Méandre
meliSsmelL http://www.youtube.com/watch?v=ia3Z8-ts6M8 _________________ Je ne m’en fais pas pour moi, mais les brebis m’inquiètent
On les a déjà vues foncer à l’aveuglette
Quand elles ont peur de tout
Droit dans la gueule du loup |
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Calixtine

Inscrit le: 24 Mar 2007 Messages: 1500
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Posté le: 29 Nov 2011 à 9:49 Sujet du message: |
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Que c'est triste!
un peu de clarté dans ce petit matin sombre.
L’espérance
J’ai ancré l’espérance
Aux racines de la vie
Face aux ténèbres
J’ai dressé des clartés
Planté des flambeaux
A la lisière des nuits
Des clartés qui persistent
Des flambeaux qui se glissent
Entre ombres et barbaries
Des clartés qui renaissent
Des flambeaux qui se dressent
Sans jamais dépérir
J’enracine l’espérance
Dans le terreau du cœur
J’adopte toute l’espérance
En son esprit frondeur.
Andrée Chedid ( mère et grand-mère de Louis et Mathieu) |
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Stef'

Inscrit le: 12 Déc 2006 Messages: 1608 Localisation: Saturne
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Posté le: 24 Déc 2011 à 2:39 Sujet du message: |
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Le bateau ivre
Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.
J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.
Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.
La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !
Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sûres,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.
Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;
Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rhythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !
Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !
J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !
J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !
J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !
J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !
J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d'eaux au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !
Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !
J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
- Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.
Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...
Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !
Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;
Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur ;
Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;
Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !
J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ?
Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !
Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.
Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.
Arthur Rimbaud _________________ Je ne m’en fais pas pour moi, mais les brebis m’inquiètent
On les a déjà vues foncer à l’aveuglette
Quand elles ont peur de tout
Droit dans la gueule du loup |
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