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Le
vote utile
J'en ai fait bien des rêves
D'absolu, de liberté
Oui, mais au « marche ou crève »
Moi, j'ai choisi de marcher
Au pas de préférence
En rang dans le troupeau
Tous à la même cadence
On piétine nos idéaux
On m'a tellement raconté
Qu'on fait pas ce qu'on veut
Que j'ai fini par intégrer
Le contentement de peu
Je mangerai ce qu'on me donnera
En disant c'est comme ça
Et je regarderai de haut
Tous mes anciens idéaux
Et tous mes rêves inutiles
Et je voterai utile
Et d'avoir le poing levé
A hurler des slogans
Au bout du compte rien n'a changé
On rentre dans le rang
Pour le confort bourgeois
D'un bel appartement
La sécurité de l'emploi
Et le bonheur des enfants
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A quoi sert de s'enrager
Quand on a pour réconfort
5 semaines de congés payés
Avec la vue sur le port
Assis face à la mer
Le cul sur mes regrets
Ce soir je lève un verre
A ce que je n'ai pas osé
A tous mes rêves inutiles
Et au vote utile
Enfermé à double tour
Dans ma résidence protégée
Du monde qui m'entoure
De la vie et ses dangers
Et si j'ai tué depuis longtemps
Les monstres sous mon lit
La peur est trop souvent
Bien plus qu'une vieille amie
Et quand je marche le soir
Il m'arrive maintenant
De changer de trottoir
Face à un jeune en survêtement
Ca fait rire mes enfants
Qui sont pleins d'idéaux
Mais qui devenus grands
Je l'espère regarderont de haut
Ma pauvre vie inutile
Et le vote utile.
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Le
cowboy Bling Bling
C'est le cowboy bling-bling aux allures
de gangster
Bimbo, merco et main sur le revolver
Et si la pouliche a remplacé l'étalon
Le cowboy veut montrer qu'il en a bien dans
le pantalon
Petite frappe de banlieue cossue
Lunettes américaines et balai dans
le cul
Le cowboy bling-bling voudrait jouer les
grands
Mais ses talonnettes ne trompent pas un
enfant de dix ans
Et tous les pires des pires des pires des
desperados
De ceux qui vendraient leur mère
pour moins d'un euro
Ont rejoint le cowboy bling-bling et sa
clique
Pour le grand hold-up de la république
Surgie d'on ne sait où, sans qu'on
l'ai sonnée
Tel un Vercingétorix aux dents limées
Calamity Jane apparaît au loin, royale,
Pleine de bravitude mais aussi con que son
cheval
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Se verrait bien jouer les Robin des Bois
Faire la nique aux cowboys aux abois
Mais le temps que lui vienne le début
d'une idée
Le cowboy bling-bling aura déjà
tout raflé
Car dans les westerns modernes comme dans
la vie
Celui qui gagne à la fin n'est pas
toujours le gentil
Et le cowboy bling-bling en bon fermier
de L'Ohio
Sait que le peuple se gère comme
un troupeau de veaux
Enfermés dans leurs réserves,
les indiens
Se saoulent la gueule au mauvais vin
Cherchent en vain à remettre la main
sur le grand-père
Le dernier a avoir enterré la hache
de guerre
Mais vas-y déterre grand-père
!
Il y a des coups de tomahawks dans la gueule
qui se perdent
Je préfère mourir avec le
poing en l'air
Que de vivre le nez dans cette merde
Chez tous les Comanches des réserves
de Saint-Denis
Comme les Apaches des hautes plaines du
Berry
On entend monter le vent de la colère
Contre le cowboy bling-bling aux allures
de gangster
Fais gaffe à tes fesses cowboy bling-bling
!
Fais gaffe à tes fesses cowboy !
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Tant
de chiens
Parfois quand tu n'es pas content
Tu grognes et tu montres les dents
Tu baves, tu parles en aboyant
Tu voudrais être impressionnant
Parfois juste pour te la péter
Tu te fais les poils hérissés
Tu t'essaies à des regards méchants
Cest sûr, c'est toi le dominant
Parfois quand tu te prends pour un chien
Et que tu t'énerves pour un rien
Il ne faudra pas pigner si on finit par
te cogner
Parfois quand passe une femelle
Petit chien-chien amoureux d'elle
Tu renifles, tu roules des mécaniques
C'est ta façon d'être romantique
Mais à trop faire le mâle
en rut
Et à les prendre pour des putes
Tu vas encore te finir à la main
Ou sur la jambe de ton copain
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Mais quand tu te prends pour un chien
Et que tu t'excites pour un rien
Il ne faudra pas pleurer
Si on finit par te castrer
Parfois quand passe un étranger
Petit chien-chien bien dressé
Tu hurles au loup, à l'immigré
T'as peur qu'on te pique ta pâtée
Branle-bas de combat
La meute aux abois
Pisse aux quatre coins
De ton petit chez toi
Marque à l'urine ton territoire
Imbécile heureux d'être né
quelque part
Parfois quand tu te prends pour un chien
Et que tu ténerves pour un
rien
Il ne faudra pas pigner
Si on finit par te piquer
Mais si tu es un beau bon chien-chien
Je te retournerai sur le dos
Caresser le ventre avec la main
En te disant que tu es beau
Petit chien-chien à sa maîtresse
Petit roquet de la pire espèce
Sûr que le jour où tu pourras
Te sucer tout seul ça te détendra.
(Nicolas Jules - Erwan Roux)
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Marie-Chantal
Marie-Chantal,
Ô mon bel amour
Je ne te voulais pas de mal,
Je t'aimerai toujours
Mais tu es partie
Pour un long voyage comme mamie
Et je sais que tu ne reviendras pas
Je les connais les filles comme toi
Et je reste seul avec moi
Dans ce tout petit studio
Il reste pas grand chose de toi
Que des morceaux dans le frigo
Ton cur qui bat plus pour moi
Mais aussi ton foie et tes reins
On mange pas assez d'abats
M'avait dit le médecin
Moi, je savais bien
A ta façon de m'éviter
Que tu m'aimais bien
Mais que t'osais pas me l'avouer
Marie-Chantal petite cochonne
Tu cachais bien ton jeu
J'aime pas les filles polissonnes
Je préfère quand elles résistent
un peu
Et on peut dire qu'à ce niveau-là
Tu as bien résisté
Il a fallu plusieurs fois
Avant que t'arrêtes de bouger
Mais la hache, ça prend du temps
Ca donne des ampoules aux mains
Et la tronçonneuse, c'est gênant
Et ça dérange les voisins
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Et les voisins
Justement ce sont tes parents
Moi qui ai toujours pris soin
D'être bien avec mes beaux-parents
Je dois t'avouer Marie-Chantal
Que depuis que tu es partie
Je les trouve pas dans leur état
normal
Je crois qu'ils se font du souci
Pas tant que moi ma chérie
De pas te sentir dans mes bras
J'en dors pas la nuit
Je ne pense qu'à ça
Mais l'odeur de ta peau
Je la retrouverai bientôt
Dès qu'elle aura fini de sécher
J'en ferai des taies d'oreillers
Marie-Chantal, Marie Salope
J'ai des bouts de toi plein les dents
Aussi sèche qu'une escalope
Qu'on aurait fait cuire trop longtemps
J'ai des aigreurs d'estomac
Tout s'est fini si rapidement
En amour à chaque fois
Je ne sais pas prendre mon temps
Heureusement, il me reste ta sur
Qui attend bien installée
En morceaux dans le congélateur
Avec du persil plein le nez
Et je sais maintenant
Que les humains sont des biftecks
Qu'il faut saisir violemment
Si on veut qu'ils soient digestes.
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Un
été caniculaire
Je veux un été caniculaire
Des concours de t-shirts mouillés
Des tartines de crème solaire
Sur mon joli teint halé
Je veux du soleil dans mon été
Un nez rouge, des cloques sur le dos
Profiter de mes congés payés
Pour choper le cancer de la peau
Pour le réchauffement climatique
Je fais des tours de périphérique
Aux heures de pointe en plein été
Je reste en première pour mieux polluer
Moteur qui chauffe, climatisation
Pour plus de précaution
On nest jamais trop sûr
Quand il faut aider la nature
Je veux un été caniculaire
Des crises de palu à Berck Plage
Des hécatombes de centenaires
Et ma part de l'héritage
Je veux du soleil à en crever
A en sécher sous les toits
Baisser les prix de l'immobilier
C'est pas si compliqué, tu vois
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Mais quand on est capitaliste
On a le sens du sacrifice
On peut bien buter mémé
Si cest pour sauver le marché
Une balle dans la tête, c'est vulgaire
On n'est pas non plus des gangsters
Une canicule, c'est bien plus classe
Ca fera plaisir aux marchands de glaces
Je veux un été caniculaire
De la sueur en veux-tu en voilà
Pleurer sur la tombe de grand-mère
En tongs et bermuda
Je veux du soleil à la pelle
Et tout le magot à mémé
C'est vrai que la misère est plus
belle
Dès qu'on se met à suer des
pieds
Mais quand on est un gagnant
On prend les choses du bon côté
Vaut mieux mourir bien vivant
Que de vivre à moitié décédé
Ma chère grand-mère, soyons
honnête
Tu devenais acariâtre
Tu déraillais, perdais la tête
Parait même que tu votais à
droite.
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C'était
mieux avant
Mon grand-père me dit souvent
Que c'était bien mieux avant
Quand les bonnes femmes marchaient au pas
Et que les gamins se rebellaient pas
Tu pouvais bien cogner bobonne
Sans que ça dérange personne
Aujourd'hui tu lèves le petit doigt
Elle file direct au commissariat
Allez raconte-moi mon vieux
Tes histoires du temps qu'était mieux
Du temps où même les voleurs
Avaient le sens des valeurs
C'est vrai que tes petits trafics
Pendant la dernière guerre
C'était quand même plus chic
Que de chourer des scooters
Mais moi les vieux radoteurs
Ca finit par me saouler
Alors vivement Alzheimer
Tu nous feras moins chier
Mon père, lui, est ouvert d'esprit
Faut dire qu'il a fait 68
Mais il dit quand même souvent
Que c'était bien mieux avant
Quand les jeunes voulaient changer
Le monde, la société
Aujourd'hui, ils ne pensent qu'au pognon
A vingt ans, ce sont des vieux cons
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Allez parle-moi de révolution
Le cul posé dans ton salon
Et fais mine de t'étonner
Que je sois désabusé
C'est vrai que les vieux de 68
Ca devrait me faire rêver
Mais Glucksman ou Cohn Bendit
Il serait peut-être temps de les changer
Excuse-moi papa
Surtout te vexe pas
Mais si je suis un con
C'est peut-être ton éducation
Mon grand frère est socialiste
C'est son côté humaniste
Mais il dit quand même souvent
Que c'était bien mieux avant
Quand les jeunes pouvaient espérer
Trouver un travail, s'installer
Aujourd'hui l'avenir est bouché
Il y a même plus de quoi se loger
Allez frérot, fais-moi pleurer
Sur les prix de l'immobilier
C'est si dur d'être propriétaire
Même quand on est fonctionnaire
Mais avec ton boulot à vie
Ta rombière, ton pavillon
Dans moins de dix ans, je te parie
Que tu nous feras une bonne dépression
Excuse mon désespoir
Mais quand je vois ta vie
J'ai du mal à croire
Que le travail épanouit
Même mon petit frère qu'a
quinze ans
Mais c'est de son âge d'être
un gland
Nous dit aussi quand même souvent
Que c'était bien mieux avant
Mais son avant moi, j'y étais
Et je sais que c'est pas vrai
Le meilleur reste à venir
Ça pourra pas être pire.
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Dans
la lune
Moi, je vis peinard
Dans ma lune à l'écart
De ce monde qui fout le camp
Qui joue à la guerre
Comme d'autres jouent au poker
Mais qui perd tout le temps ?
Pas les trouffions au chaud
Dans leurs beaux chars Dassault
Qui regardent couler le sang
Ca fait des ruisseaux
De haine pour les marmots
Qui deviendront des torrents
Dans ma lune à lécart
Quand revient le soir
Je m'ennuie de temps en temps
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Le monde est si beau
Quand on le voit d'en haut
Même si lon ne sait pas vraiment
Si les lumières qui brillent
Sont celles d'une ville
Ou d'un bombardement
Ca fait des feux d'artifices
Comme des rêves qui finissent
Là, dans le firmament
Dans ma lune à l'écart
Quand il se fait tard
Je m'endors en rêvant
Que là-bas sur la terre
Il n'y a plus la guerre
Et que demain en me levant
Plus de chars d'assaut
Ni de généraux
Et tous ces buveurs de sang
Auront pris avec eux
Leur patrie et leur bon dieu
Et auront foutu le camp
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Monsieur
Berger
Il est sorti Monsieur Berger
De sa boucherie un peu plus tôt
Les clients de fin de journée
Ne verront que ses rideaux
Contre son cur bien emballée
Une bavette d'aloyau
Mais peu importe le paquet
Ce qui compte, c'est le cadeau
Refrain :
Ta fleur bleue carnivore
Fait peur aux demoiselles
Le rouge du tablier
Sur le blanc des dentelles
Elles t'envoient sur les roses
Te parlent de myosotis
Tu n'emballes pas autre chose que de la
chair à saucisse
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Dans les boulevards industriels
Tu promènes tes gigots
Qui finiront à la poubelle
Et tu relèveras le rideau
Sur une journée toujours la même
Où on te verra à ton étal
Arrachant les plumes des poulets
Comme on arrache des pétales
(Refrain)
Les curs que tu découpes au
hachoir à main
Ne saigneront jamais autant que le tien.
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Fais-moi
peur
Allez sors de ta boite à malheurs
En ouverture du 20 heures
Une bonne guerre nucléaire
Une grave crise pétrolière
L'arme à l'il, larme à
la main
Protège moi des Sarrasins
Des hordes de gueux sanguinaires
Qui attendent à nos frontières
Prêts à tuer femmes et enfants
A mettre à feu et à sang
Notre beau pays si beau
La tour Eiffel, Jean-Pierre Pernault
Fais-moi peur
Au sommaire comme tous les soirs
Précarité et désespoir
Taux de chômage astronomique
Et grave crise économique
Le Président, le regard triste
Dit qu'il faut faire des sacrifices
Travailler plus, vivre comme un con
C'est sûrement ça la solution
Allez prend ce qu'on te donne et tais-toi
Et estime-toi heureux comme ça
Il faudra bien rembourser
Ton emprunt immobilier
Fais-moi peur
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Avec ma retraite complémentaire
Mes cinq minutes de marche par jour
Mon hygiène de vie exemplaire
J'ai encore de beaux jours
Mais avachi devant la télé
Le journal télévisé
Jean-Pierre Pernault, saint-patron des cons
Donne-moi l'absolution
Un pédophile libéré
Est ce que j'ai bien fermé à
clefs ?
Une bande de kamikazes
Est ce que j'ai bien fermé le gaz
?
Et l'épicier en bas de chez moi
La branche armée d'Al-Qaida
Deux roumains dans le métro
Je surveille mon sac a dos
L'air chafouin de mes mioches
Faudrait pas qu'ils me fassent les poches
Le sourire triste de ma femme
A-t-elle déjà eu un orgasme
?
Et ma gueule devant la glace...
Et ma gueule devant la glace...
Fais-moi peur
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3870
secondes (et des poussières
)
3870 secondes et des poussières
Un peu longues
J'attends seul sur le sofa
L'horloge du salon n'avance pas
Un paquet de cigarettes Dumourier
Des allumettes
On met quand même pas trois heures
A rentrer du dépanneur
Le retour à la maison
D'habitude, c'est pas si long
3970 secondes et des poussières
Un peu trop longues
J'entends déjà tes pas arriver
Mais rien ne bouge dans l'entrée
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T'as peut-être croisé ta copine
Ou le fils de la voisine
Qui t'a emmené faire un tour
Avec sa petite gueule d'amour
Moi je rumine mes idées noires
J'imagine les pires histoires
4980 secondes et des poussières
Vraiment longues
J'entends au loin hurler les sirènes
T'as gagné, j'ai la chienne
De te revoir en portrait
Sur une petite pinte de lait
Si t'arrives dans une seconde
Je t'embrasse et je te gronde
T'en fais vraiment qu'à ta tête
J'ai même plus de cigarettes.
(Sébastien Lacombe - Erwan Roux)
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Des
araignées au plafond
Je suis seul sur la Terre
Accroché à mon réverbère
Tour de contrôle, je suis perdu
Major Tom, où es-tu ?
Il y a pas de vaisseau spatial
Dans ma tête, il ny a même
plus d'étoiles
Sous mes yeux, c'est tout noir
Ma vie, c'est que des bobards
Et je m'invente des amis
De surprise party
Des jeunes filles en nage
Qui dansent dans mon garage
Je suis bien dans ma tête
On est plein c'est la fête
Il y a des cafards dans ma raison
Des araignées au plafond
Des chèvres de M. Seguin
Accrochées à tous les jardins
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Qui cherchent une plage
Sous l'herbe des alpages
Un vert un peu plus vert
Et d'autres réverbères
Je n'en fais qu'à ma tête
Comme la petite Blanchette
Mais tous les loups affamés
Je n'en ferai qu'une bouchée
Je suis bien dans ma tête
On est plein, c'est la fête
Je suis invincible ce matin
Je n'ai plus peur de rien
Accroché à mon réverbère
Je défie la terre entière
Cogne-moi la tête contre les murs
Tu verras comme elle est dure
Fais-moi tournoyer
Comme un pitbull enragé
Quand je m'envole doucement sur mon tapis
volant
Salut à tous les terriens, à
la chèvre de M. Seguin
Je suis bien dans ma tête.
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Bienvenue
au Paradis
Mes amis sont partis pour le purgatoire
J'attends mon tour en patientant
Pour m'occuper, je raconte d'horribles histoires
A des monstres ventripotents
Comme tout le monde, j'ai caché
les miens sous mon lit
Entre des livres un peu coquins
Où des filles nues se transforment
en monstres la nuit
Elles danseront jusqu'au matin
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Refrain :
En attendant le purgatoire, je fais de mon
mieux
Pour gâcher ma vie
Je danse tous les soirs du mieux que je
peux
Sur des cubes au "Paradis"
Mes amis sont partis pour le purgatoire
Drôle d'endroit pour investir
Les enfants joueront en sûreté
sur les trottoirs
En rêvant de partir
Moi, je vis loin de là, entouré
de gens beaux
Toute seule avec mes dents pourries
Les vies la nuit, sont toujours bien comme
il faut
On s'y ennuie aussi
(Refrain)
Mes amis sont partis pour le purgatoire
Je reviendrai demain
S'il n'est pas trop tard
Enfin, enfin...
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Les
voyages
J'ai fait bien des voyages
Aux allures de naufrage
Traversé bien des mers
La tête à l'envers
Dégueulé mes boyaux
Sur le bord d'un cargo
On fait moins le fier
Quand on a le mal de mer
Moi qui me voyais
Voyageur élégant
A la Ernest Hemingway
J'avais du vomi plein les dents
Mais le style aventurier
Désolé, je l'avais pas
Je puais des pieds
Et j'avais les cheveux gras
Sur une plage tropicale
Belle comme une carte postale
A l'ombre d'un cocotier
Voir le soleil se coucher
Paysage idyllique
Si on oublie les moustiques
Les mukafus affamés
Et les déchets échoués
Dans des hôtels miteux
Je me suis fait des amis
Des cafards affectueux
Des punaises, des souris
Couvert de boutons
Je comptais les araignées
Que j'avais au plafond
Bien accrochées
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J'ai même vendu mon âme
Pour les bras d'une femme
Un peu trop joyeuse
Pour être vraiment sérieuse
Une fille de mauvaise vie
Oui, mais de bonne compagnie
Qui m'a vidé de ma monnaie
Pendant que je dormais
Avec mon cur d'artichaut
A la place du cerveau
Je suis tombé, ça craint
Amoureux d'une putain
Je suis un mac au grand cur
Un séducteur de pays chaud
Mais est-ce bien la chaleur
Qui me rend soudain si beau ?
Et quand j'en aurai marre
De changer tous les soirs
De femme et de lit
Je reviendrai au pays
Pour me retrouver,
Me ressourcer, rassasié
Mais dans le fond de mon lit,
Mon dieu, comme je m'ennuie
Je vendrai ce confort
Ces choses qui ne servent à rien
Pour revenir au port
Et repartir demain
Retrouver un instant
La douceur des alizés
Le goût enivrant
De la liberté
Je vendrai ce confort
Ces choses qui ne servent à rien
Pour revenir au port
Et repartir demain
Retrouver un instant
La douceur des alizés
Le goût enivrant
De la liberté.
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